L’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales se produit aussi bien dans les pays développés que dans les pays en voie de développement. Cependant, il n’existe aucun moyen fiable pour déterminer le nombre des enfants victimes d’exploitation sexuelle à des fins commerciales à travers le monde.

Les raisons en sont diverses. Par exemple, aucune méthodologie générale pour déterminer le nombre d’enfants abusés n’a été élaborée, et les définitions de ce qui constitue l’exploitation ne sont pas universelles. Dans les cas de la pornographie enfantine, l’enfant, qu’il soit garçon ou fille, peut même ne pas avoir conscience de son exploitation, et le crime peut demeurer inconnu. D’autres formes d’exploitation peuvent ne pas être signalées, par peur ou par honte, particulièrement dans les pays où le sujet est encore tabou.

Les recherches sur le trafic d’enfants à des fins sexuelles

Dans les régions où des recherches ont été entreprises, les données ne sont pas convenablement analysées et suffisamment sélectionnées pour en donner une image véridique. Il semble que ce soit particulièrement le cas pour les recherches sur le trafic. Les rapports font rarement la distinction entre les personnes victimes de trafic dans un but sexuel, et celles qui en ont été victimes pour des raisons économiques, ou autres. De plus, les rapports ne font que très rarement la différence entre les trafics de femmes et les trafics d’enfants, et ceux qui le font établissent rarement une distinction entre un enfant de 10 ans et un adolescent de 17 ans, ou entre une petite fille et un petit garçon.

Il peut y avoir de grandes disparités entre les chiffres fournis par des sources différentes, car ils reflètent souvent les intérêts directs de ces sources plutôt que la véritable nature de l’exploitation sexuelle à des fins commerciales. Par exemple, les sources gouvernementales peuvent sous-estimer certains chiffres, ou nier complètement l’existence du problème, afin de protéger leur réputation internationale. Certains articles de journaux peuvent tendre à surestimer les chiffres.

Les recherches sur la prostitution enfantine

Les recherches sur la prostitution enfantine ont tendance à se concentrer sur ses formes les plus visibles, et les endroits où l’information est le plus accessible. Cela ne donne pas une image fidèle de la nature, ou de l’ampleur de la prostitution enfantine.

Une grande proportion de l’exploitation est clandestine. Elle se produit grâce à des contacts dans les night-clubs ou les bars, ou par l’entremise de services d’escortes de luxe, où les abus prennent place dans des appartements loués par des particuliers. Il est plus difficile d’avoir accès à des informations sur ce type d’exploitation.

De surcroît, il s’agit d’activités illégales, il est donc difficile d’obtenir des renseignements. Les enquêteurs qui tentent de recueillir des informations peuvent se retrouver eux-mêmes physiquement en danger.