L’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales peut avoir des conséquences graves et irréversibles menaçant le développement physique, psychologique, spirituel, moral et social des enfants, et même leur survie. Leur droit de profiter de leur enfance et de mener une vie productive, gratifiante et dans la dignité est sérieusement compromis. Les conséquences de la violence et de l’exploitation sexuelle se poursuivent jusqu’à l’âge adulte.

Les conséquences physiques

Le danger le plus immédiat auquel les victimes doivent faire face est la violence physique de leurs abuseurs ainsi que celles des proxénètes, des “madames” (tenancières de bordels) ou des trafiquants.  Il y a de nombreux témoignages terrifiants émanant d’enfants qui ont été battus, frappés à coups de pieds jusqu’à perdre connaissance, brûlés avec des cigarettes, et violés pour avoir refusé de travailler.

Les enfants sont encore plus vulnérables que les adultes aux maladies sexuellement transmissibles, y compris au VIH et au SIDA, puisque leurs tissus et leurs muqueuses sont plus fragiles. Les enfants exploités ne sont pas souvent en position de réclamer l’usage de préservatifs; de surcroît, un grand nombre n’ont jamais reçus d’information sur les rapports sexuels protégés, ou la façon dont se contracte le SIDA. L’absence de préservatifs peut également entraîner des grossesses à répétition pour les jeunes filles. Celles-ci subissent parfois des avortements non médicalisés ou forcés susceptibles d’entraîner de graves conséquences sur le plan physique.

Les répercussions psychologiques

Les répercussions psychologiques de l’exploitation sexuelle sont plus difficiles à évaluer, mais n’en sont pas moins douloureuses pour l’enfant. Un grand nombre d’enfants abusés décrivent des sentiments de honte, de culpabilité et de manque de respect pour eux-mêmes. Certains pensent même qu’ils ne sont pas dignes d’être secourus.

D’autres enfants préfèrent se créer une réalité factice, assurant qu’ils ont choisi la prostitution – qu’ils veulent venir en aide à leur famille et que leur proxénète est vraiment un être cher qui leur “veut du bien”.

Certains souffrent de la stigmatisation, ou de la pensée qu’ils ont été trahis par quelqu’un en qui ils avaient confiance. D’autres encore ont des cauchemars, des insomnies, des crises de désespoir et des dépressions. Les personnes qui ont la charge des enfants exploités assimilent ces sentiments à ceux ressentis par les victimes de torture. Pour soulager leurs souffrances, certains enfants font des tentatives de suicide ou se réfugient dans la drogue.

La réhabilitation

La réhabilitation peut être définie comme un retour à l’état précédent. On a dit que très peu de programmes de réhabilitation ont pu faire état d’un quelconque succès.

Si la réussite d’un programme signifie qu’un enfant a été “sauvé” de la prostitution, vit de nouveau heureux avec sa famille retrouvée, en étant revenu à une vie “normale”, effectivement, bien des déceptions sont à craindre. En effet, beaucoup d’enfants victimes d’exploitation sexuelle à des fins commerciales continuent à travailler dans l’industrie du sexe ou y retournent ultérieurement.